Sébastien Llado enregistre et publie
Sébastien Llado a déjà derrière lui un parcours digne d’intérêt. Il a étudié le trombone avec les plus grands – parmi lesquels Albert Mangelsdorff – et s’est formé à l’American School de Paris, au prestigieux collège de Berklee ainsi qu’au CNSM de Paris. Le trombone n’est déjà pas en soi l’un des instruments les plus répandus, mais Sébastien a ajouté encore une originalité à sa pratique, suite à sa rencontre avec Steve Turre, la conque. Les collaborations de Sébastien Llado sont nombreuses et éclectiques, de l’ONJ à Lenny Kravitz en passant par Magic Malik, David Patrois ou encore Yael Naïm. Du coup, ce garçon n’a jusque-là pas vraiment eu le temps de publier sous son nom propre. Pour notre plus grand plaisir, les choses sont en train de changer !
D’abord, Sébastien se lance dans l’enregistrement live de son premier album en quartet. Je dis “d’abord”, parce que ça se passe ce 20 novembre au Sunside à 21h, et qu’il est donc juste temps pour vous d’y courir. Il y sera entouré de Leila Olivesi (pno), Bruno Schorp (cb) et Julie Saury (dms). C’est noté ? Bien.
Et puis il y a l’autre versant de son projet, les explorations musicales de Sébastien. Basées sur l’utilisation des coquillages, elle mêlent des influences on ne peut plus diverses, et fréquemment électroniques. Sur le label Alter-Nativ (le label des musiques “invendables” !), il publie “Machination”, présenté ainsi : “Sebastien Llado [...] s’est interessé au téléscopage de ces instruments naturels avec des outils issus de la musique électronique (boucleurs, samples, harmonizers etc…). Le résultat de cette expérimentation se trouve ici, sur ces 7 titres enregistrés live dans un lieu public (un bar). Il est intéressant de remarquer que le les gens passant dans la rue à ce moment-là se sont souvent arrêtés pour regarder “ce qui se passe”, formant un public hétéroclite mais disponible, curieux mais non captif, populaire mais exigeant.“
“Machination” est en téléchargement libre sur le site du label – vous pouvez également l’écouter simplement en streaming – et je vous invite à y jeter vos oreilles curieuses, et à le faire savoir. J’en profite pour saluer la démarche – du téléchargement libre – qui va dans le sens de l’évolution de l’industrie musicale, à l’ heure du (presque) tout numérique. Celle-ci n’a cependant de sens que si vous, auditeurs, jouez le jeu, à savoir aider à diffuser au plus grand nombre ce que vous appréciez. Et enfin, celle-ci n’a de sens que si vous, spectateurs désormais conquis, vous vous précipitez écouter la musique là où elle est vivante, ce qui est sa première raison d’être, c’est à dire en concert ! Et donc, je rappelle, ça commence le 20 novembre au Sunside !
Plus d’informations sur Sébastien Llado :
- La page de présentation de “Machination” sur le site du label Alter-Nativ
- Le site web officiel de Sébastien Llado : http://www.sebastienllado.com/
- Et sa page sur MySpace : http://www.myspace.com/llado
Petite planète – volume 2
J’ai encore glané quelques disques à droite à gauche, et en mettant des points sur la carte pour représenter d’où ils venaient, je me suis promené du Sud au Nord du continent américain, au moins… On m’a d’abord rapporté un disque particulèrement réussi en provenance du Brésil. Flavio Barba est un jeune guitariste de Sao Paulo. Après un premier album en 2004, “Passagens”, il sort cette année son deuxième disque, “Novos Ares”. Si vous aimez le jazz brésilien, vous serez comblés. C’est particulièrement bien joué, et très bien enregistré. On y trouve un mélange de soft-funk, bossa et samba qui n’ont jamais eu la prétention de révolutionner la musique, mais nous plongent immédiatement sur les plages de Copacabana pour un voyage tout en détente. Retrouvez l’univers de Flavio Barba sur son site web (http://www.flaviobarba.com.br) ou bien sa page MySpace (http://www.myspace.com/flaviobarba)
Rien à voir avec l’album suivant, “Freedom no go die”, du Souljazz Orchestra. Ils sont canadiens, mais ont tous traversé de nombreuses expériences tant dans le rhythm’n blues que les musiques africaines ou latines. Autant le dire tout de suite, Fela n’aurait rien à renier de cet orchestre. “Freedom no go die” est de l’afrobeat en barre, et du bon. Mais pas que… soukouss, latin et jazz – The Creator has a Master plan – sont aussi présents. L’album date de 2006, et un nouvel opus, “Manifesto” est sorti en 2008. Avec Pierre Chrétien (electric piano, clavinet, organ, percussion, vocals), Marielle Rivard (shekere, tambourine, vocals), Steve Patterson (tenor sax, percussion, vocals), Ray Murray (baritone sax, percussion, vocals), Zakari Frantz (alto sax, flute, percussion, vocals) et Philippe Lafrenière (drums, percussion, vocals). Plus d’info sur leur site (http://www.souljazzorchestra.com), ou bien leur page MySpace (http://www.myspace.com/souljazzorchestra)
On reste au Canada, mais on fait le grand écart avec les premiers albums du trompettiste Suresh Singaratnam… Né en Zambie, il fut élevé entre l’Angleterre et le Canada. Ses études musicales sont d’abord classiques, voire même baroque et à partir de seize ans, on le retrouve soliste dans plusieurs festivals au Cananda. Plus tard, il se lance dans le jazz et suit des études à Toronto, puis New York et étudie avec Lew Soloff. Le résultat est à l’image de son parcours, double… Il publie donc cette année deux albums, l’un sur le versant jazz, “Lost in New York”, avec Charenée Wade (vcl), Jake Saslow (ts), Jesse Lewis (g), Fabian Almazan & Jamie Reynolds (pno), Fraser Hollins (b) et Lee Pearson (dms), et l’autre sur le versant classique “Two Hundred Sixty-One: Vol.1″, accompagné de Phillip Kirchman au piano. On y retrouve des compositions de Bellini, Rimsky-Korsakov, Hindemith, Arban et Bach. Pour cet album, Suresh lance en plus une opération complémentaire, d’où le nom de l’album (261). “Mr. Singaratnam has announced that he will donate $2,000,000 to the Canadian Cancer Society if he sells 1 million copies of his debut album: “Two Hundred Sixty-One: Vol. 1″ by October 23, 2009!” … soit 261 jours après la sortie de l’album ! Plus d’informations sur le site de Suresh (http://www.sureshsingaratnam.com) et sur sa page MySpace (http://www.myspace.com/sureshsingaratnam).
[Edit] Une critique de l’album de Suresh ici : MicControl Blog
[Edit 2] Et toujours chez MicControl, une critique de l’album jazz de Suresh, Lost in New York.
Tout le monde en bateau

Eric Danquin, Richard Bona - 31 mai 2009
Le bateau du dimanche matin 31 mai pour Marie-Galante était on ne peut plus musical. On se demande même qui manquait… Côté Guadeloupe, Iguane Xtet bien sûr, mais également Didier Juste, Gregory Louis, Thierry Jean-Pierre, Olivier Juste… qui accompagnaient Tanya St-Val, et puis surtout Richard Bona, accompagné du gratin de la rue des Lombards (François Constantin, Jim Grandcamp, Stéphane Vera, Thierry Farrugia…), et je dois en oublier une bonne quantité. L’occasion en tout cas de prendre des nouvelles de tout le monde, ce qui est toujours bien sympathique. En l’occurrence un brin de causette avec Richard Bona, toujours par monts et par vaux, juste le temps d’apprendre la sortie du prochain album à l’automne. Notez donc ! Elle sera assortie d’une tournée en conséquence, donc Richard, bientôt près de chez vous. Restez à l’affût. Et si vous voulez suivre Richard Bona cet été, cherchez les concerts de Richard Galliano. Si si, le camerounais suivra l’accordéoniste à la basse, accompagné également de – rien moins que – Gonzalo Rubalcaba. Cela vaut la peine de chercher à mon avis. Bonus, je vous joins une petite photo prise à la onférence de presse du matin, à l’arrivée à Marie-Galante. Pour le concert, les échos que j’en ai eu étaient tous excellents- sans surprise – mais je n’ai malheureusement pas eu le loisir d’y assister. Si vous vous en sentez, racontez-nous ça ici dans les commentaires.
Jérôme Barde, Olivier Témime & Yaite Ramos
Jérôme Barde est un musicien passionné et passionnant. En particulier par le choix des projets dans lesquels il s’investit, très régulièrement métissés. D’ailleurs souvenez-vous, il était sur la scène du Festival de Jazz de Pointe-à-Pitre en 2006, pour accompagner Monica Passos et Emmanuel Bex… Il a d’abord fait ses classes, appris à l’école des plus grands, Berklee, puis s’est frotté à ce qui se faisait de mieux enjazz, en France mais aussi outre Atlantique. Il aura croisé aussi bien Ira Coleman qu Kirk Lightsey ou encore Leon Parker, parmi de nombreux autres. C’est de la bonne carte de visite, ça Madame, croyez-moi ! Et en France, rien à redire non plus, Jean-Michel Pilc, Riccardo del Fra, Tony Rabeson, Olivier Témime… Collaborations nombreuses, mais il faut attendre 1989 pour avoir droit à un premier album en leader.
Puis en 2003 sort Mélolodie. Entretemps, Jérôme a fait du chemin. Il ne joue plus de la guitare mais du bardophone – je vous laisse le soin d’aller voir la présentation qu’il en fait sur son site, et son univers s’est fortement élargi aux musiques chaudes de l’Afrique ou de la Caraïbe. D’ailleurs on y retrouve le percussionniste guadeloupéen Arnold Moueza, qui accompagne régulièrement le guitariste guyanais Patrick Marie-Magdelaine.
On retrouve les deux hommes dans un autre projet important pour Jérôme Barde, les Volunteered Slaves d’Olivier Témime. Du gros son chaud pour se faire surtout plaisir : Ce groupe né au festival de jazz de Marciac a tout de suite déclenché l’enthousiasme du public et de la presse. Il plonge ses racines dans les expériences des années 70 pour mélanger funk, jazz et musiques afro. Son nom vient d’un thème de Roland Kirk, “volunteered slavery” et ravive l’énergie de cette époque euphorique à travers ses propres compositions et celles de Steve Grossman, Joe Henderson ou Marvin Gaye. On n’est pas loin de l’esprit de Sixun ici.
Mais ce n’est pas tout. Jérôme accompagne également la talentueuse chanteuse Yaite Ramos. Ici on parle de funk, de groove, de latin-jazz, de Cuba bien sûr. Yaite a d’abord fait partie de Sabor a Miel, groupe de musique traditionnelle qui lui offre sa première occasion de chanter hors de son pays natal – ils passeront d’ailleurs en tournée aux Antilles à l’époque, avant de s’installer à Paris. Elle fera partie de Rumbanana – au sein desquelles passeront également entre autres Julie Saury, Sophie Alour et Lisa Cat-Berro, voir l’itv qui leur est consacré sur le Bananier bleu – et accompagne également Sergent Garcia. Aujourd’hui, elle dirige son propre groupe et a déjà produit deux albums, dont leplus récent, Camino largo.
Nul doute qu’arrivé là, vous n’avez qu’une idée en tête, écouter tout cela… Enfin j’espère en tous cas. Alors voici quelques liens pour vous aider :
Le site officiel de Jérôme Barde
Le site des Volunteered Slaves d’Olivier Témime
et sa page chez Alter Nativa

Frédéric Monino “Around Jaco” à Sonis
C’était en novembre dernier au Centre Culturel Sonis aux Abymes. En directeur avisé et connaisseur, Gérard Poumaroux avait fait venir pour une semaine l’équipe du bassiste Frédéric Monino. Il est venu avec son concept “Around Jaco” formé pour l’occasion avec Franck Tortiller au vibraphone, Olivier Ker Ourio à l’harmonica et François Laizeau à la batterie. Les temps forts de la semaine furent deux jours de master class, une conférence magistrale de François Laizeau sur l’histoire de la batterie à travers le monde, et deux soirées de concert pour clôturer l’ensemble. La seule déception concerna la très faible assistance venue à ces concerts. On est très fort par chez nous pour trouver des explications à l’absence de public aux concerts (le Carême, les vacances, la rentrée, la pluie, les fêtes…) et je ne m’y étendrai donc pas, chacun ayant surtout convenu de faire le maximum pour que cela ne se reproduise pas la prochaine fois. C’est l’essentiel. Ceux qui se sont déplacés auront apprécié la qualité du spectacle, mélange de virtuosité – quand on s’attaque à Jaco, c’est une figure imposée et dont toute la difficulté repose justement sur le fait de ne pas trop en faire – d’arrangements très réussis – réductions du big band vers le 4tet – , et de grande musicalité. Il faut dire que servie par de tels instrumentistes, la musique n’avait pas grand chose à craindre. Je retiens l’harmonica poignant d’Olivier Ker Ourio, et le plaisir évident que prend François Laizeau à nous faire partager ses rythmes et à jouer avec nous – de mémoire, il me semble que Three Views of a Secret a bien fini par déraper en biguine…
Pour ceux que cela intéresse, Frédéric Monino a gravé en 2006, un album de ce projet, largement reconnu par la presse spécialisée lors de sa sortie, et sur lequel on retrouve, outre l’équipe déjà citée, Stéphane Huchard, Françoise Jeanneau, Lionel Suarez, Louis Winsberg…
Around Jaco – 2006 – Frédéric Monino
- Continuum (Jaco Pastorius)
- Round trip/Broadway blues (O. Coleman)
- Bright Size Life (Pat Metheny)
- Punktroduction/Punk jazz (Jaco Pastorius)
- Three views of a secret (Jaco Pastorius)
- Teen town (Jaco Pastorius)
- Liberty city (Jaco Pastorius)
- Speak like a child/Kuru (H. Hancock/J.P.)
- Used to be a chacha (Jaco Pastorius)
Plus d’info :
http://www.myspace.com/moninofrederic
http://frederic.monino.free.fr/
Roots music à l’américaine
On m’a récemment rapporté des Etats-Unis un petit disque fort sympathique, et dont la philosophie me parait assez bien coller à l’histoire du pays. Le groupe a été formé par David Rogers, multi-instrumentiste franchement éclectique puisqu’il joue du saxophone et des talking drums africains. “Imaginary Homeland” se revendique comme un mariage entre le jazz, l’Afrique et la roots music américaine. L’album “Jump for George” en est une illustration parfaite. Après avoir vécu au Ghana pendant trois ans durant lesquels il a travaillé avec les musiciens traditionnels et appris les bases de la musique locale, David Rogers a enseigné dans de nombreux congrès et ateliers. Il est accompagné de Mark Stone aux percussions et au xylophone africain, qui a travaillé avec de nombreux groupes de percussions africains ainsi que dans la Caraïbe. Au violon, on retrouve Marlene Rice qui a cotoyé de nombreux grands du jazz parmi lesquels Steve Coleman, McCoy Tyner, Freddie Hubbard – qui nous a malheureusement quitté récemment – et du r’n'b ou du rock (Lauryn Hill, Rod Stewart, Aretha Franklin, Somkey Robinson…). Enfin, Matt Pavolka, qui a joué entre autres avec George Garzone ou encore Mark Turner, est à la contrebasse. L’ensemble est un mélange étonnant, aux accents mixtes de free, de racines africaines, ou encore de fiddle music, illustration d’une histoire américaine elle-même forgée à partir de cette diversité mondiale.
Imaginary Homeland – 2003 – Jump for George – Jazz, African xylophone, talking drum & fiddle music from Appalachia to the Sahara – avec David Rogers, Mark Stone, Marlene Rice & Matt Pavolka
- Kanawha Girl (08:53)
- Anthem (07:23)
- Mobius Trip (06:56)
- Jump for George (08:46)
- Travelogue (10:00)
- El Sonero (09:09)
- The World is not your Home (11:57)
Plus d’informations sur le site du groupe : http://www.imaginaryhomeland.com
Petite planète
Stéphane Fernandez vit en Nouvelle Calédonie… Vu d’ici c’est un peu loin mais en fait, pas tant que ça. Il m’a contacté l’autre jour pour me parler de son album. Ah oui, j’avais oublié de préciser, il est guitariste, et plutôt pas mauvais pour tout dire. Donc voilà, il sort un album qui s’appelle « Mana Ia », enregistré avec son groupe calédonien et quelques musiciens d’exceptions que nous apprécions tous : Mokhtar Samba, Mario Canonge, Linley Marthe, Chander Sardjoe… Donc oui décidément, toute petite planète. Stéphane et son groupe jouent du jazz fusion depuis qu’ils sont tombés dans la marmite d’Ultramarine dans les années 80/90. Mais à Nouméa on est parfois un peu isolé. Une seule solution alors, quand on sent que la chance est au bout du fil, tirer fort et ne pas lâcher. C’est ce que Stéphane Fernandez a fait en attirant d’abord Mokhtar Samba sur le projet. La providence a fait le reste : lors du passage de Mokhtar en Nouvelle Calédonie, le trio de Mario Canonge était programmé également. Vous imaginez bien que Stéphane Fernandez n’a pas raté une telle occasion. Le résultat est un album de jazz, riche et varié, aux influences multiples – fusion, caraïbes, groove, rock et l’Espagne – si, si – sur lequel tous les musiciens se sont visiblement fait plaisir !
Stéphane Fernandez – 2008 – Mana Ia
01- Mana Ia
02 – Lettre A Caroline Part I
03 – Lettre A Caroline Part II
04 – Double Bass
05 – Liane Jade
06 – Avio (Live)
07 – Souvenirs D’espagne Part I
08 – Souvenirs D’espagne Part II
09 – Harmoniques (Live)
avec Stéphane Fernandez (guitares), Mario Canonge (pno), Mokhtar Samba (dms), Linley Marthe (b), Chander Sardjoe (dms), Alex Harvey (sax), Jérôme Marchand (cello), Youssef Bouchou (b), Orlando “Maraca” Valle (flûte), Louis Upane (keyboards)
Plus d’infos : http://www.myspace.com/stephanefernandez
Continuons le tour de cette petite planète avec le premier album de Sandra Nkaké, « Mansaadi », sorti en octobre. Camerounaise d’origine, Sandra Nkaké vit en France et arpente les scènes parisiennes nu-soul, r’n’b et funk depuis plusieurs années déjà. On y connait sa fougue et son exubérance naturelles, alliées à un groove remarquable. Son public attendait avec impatience un premier album. Sandra a pris le temps qu’il fallait pour le réaliser et le résultat d’une part ravira les fans, mais surtout montre qu’elle dispose d’une palette artistique bien plus large que la nu-soul branchée à laquelle on est parfois tenté de la restreindre. Il faudra donc désormais y rajouter le jazz – on le sentait poindre –, le blues, une interprétation toute personnelle de la valse, et un slow groove d’une actualité brûlante, particulièrement efficace. Hommage chaleureux à sa mère, « Mansaadi » est un album soul par définition – de l’âme donc -, dans lequel Sandra Nkaké, illustre de sa voix chaude, la diversité qui l’a construite et qui fait sa richesse aujourd’hui. Choix du répertoire, surprise – et réussite – des arrangements, beauté des mélodies (écoutez « I believe » et versez une larme !), c’est l’antithèse de la musique convenue. J’avoue avoir un peu cherché l’Afrique, sur le plan musical – dans l’esprit elle est souvent présente / voir « Souffles » et bien sûr « Mansaadi » – et finalement on la trouve au bout du chemin (je vous laisse découvrir), mais on se dit qu’il y a là probablement une autre fusion musicale à aborder prochainement. Quoi qu’il en soit, à se procurer d’urgence !
Sandra Nkaké – 2008 – Mansaadi
01- The Way You Walk 04:33 (Sandra Nkaké/ Olivier Armbruster)
02- Happy 03:31 (Sandra Nkaké/Sandra Nkaké)
03- I Miss My Land (Loadrhodes) 05:04 (Sandra Nkaké/ Vincent Théard)
04- Stay True 03:31/ (Sandra Nkaké/Sandra Nkaké)
05- Mauvaise Réputation 05:38 (Georges Brassens/
06- Yayaya 04:23 (Sandra Nkaké/ Alsoprodby)
07- Time Healed Me (Miaam) 03:41/ (Sandra Nkaké/ Vincent Théard)
08- Fairytales 02:53 / (Sandra Nkaké/ Vincent Théard)
09- Disenchanted Son 03:59 (Didier Combrouze/Didier Combrouze)
10- Souffles 02:24 / (Birago Diop/Sandra Nkaké)
11- Mansaadi 02:48/ (Sandra Nkaké/Sandra Nkaké)
12- I’ve Been Loving You 02:07 / (Didier Sandra Nkaké)
13- A New Shore 04:17 / (Sandra Nkaké/Vincent Théard)
14- I Believe 04:03/ (Sandra Nkaké/Sandra Nkaké)
Avec Sandra Nkaké (chant, batterie & choeurs), Lawrence Clais (batterie, basse, chœurs), Didier Combrouze (batterie, basse, guitare, choeurs), Guillaume Farley (basse), Booster (basse, guitare), Vincent Théard (clavier), François Faure (claviers), Pit (claviers), Yann Jankielewicz (sax), Olivier Combrouze (sax), Gilles “C Freak” Garin (trompette), Guillaume Dutrieux (trompette), Yann Martin (trompette), Simon Andieux (trombone), Jî Dru (flute), Cyril “Chili The Most” Guiraud (sax), Fixie (accordéon) Cheick Tidiane Seck (prog percus), Marcello Pretto (voix et body-percussions) et chœurs: Janice Leca, Lisa Spada, Gérald Toto, Karl The Voice, Kova Réa.
Plus d’infos : http://www.myspace.com/sandrankake et http://www.sandrankake.com/
Roger Biwandu, un garçon sous – très bonnes – « Influences »
Avec « Influences », Roger Biwandu (Chic Hot, Joe Zawinul, Sixun…) signe un disque entre jazz et rugby, ses deux passions. Et le ton est donné dès l’introduction, avec un puissant Haka mis en rythme sous l’influence de Jeff « Tain » Watts… Un album tout en énergie – avec un essai à tous les morceaux ! Roger a réuni une belle équipe autour de lui : Nicolas Folmer (tp), Hervé Gourdikian (sax), Rémi Vignolo (cb), Jean-Christophe Maillard (g), Jean-Yves Jung (pno) et Taffa Cissé (perc). On oscille entre hard bop et funk… Aucune démonstration du batteur, mais une présence permanente sur une musique qui fourmille et vous donne des fourmis dans les pieds. Roger est aussi un excellent compositeur et et cela ressort particulièrement sur les quelques morceaux plus lents (Hush, They Sleep…) où il fait en plus appel à un 4tet à cordes (Christophe Cravéro, Valentine Duteil, Aurélien Guyot, Johan Renard). Enfin, on retrouve l’esprit de fusion de Roger Biwandu dans Tribal Thing, composition d’une belle modernité. Il me semble que Jeff Watts peut être fier d’avoir inspiré des musiciens et des pièces de cette trempe !
Sur le Web : http://www.myspace.com/rogerbiwandu
Beaucoup de Mario Canonge
L’année 2008 signe le retour en force de Mario Canonge dans le domaine du disque, avec deux albums sous son nom et des participations dans de multiples projets. C’est d’abord “Punch en musique 2″, presque dix ans après le premier volume, qui ouvre le bal au mois de mai. Grégory Louis, jeune batteur de plus en plus en vue – Caraib II Jazz bien sûr, mais pas seulement – qui tient les fûts, derrière Alex Bernard et Mario. Un opus réjouissant et frais.
Mario a également participé à l’album de Keyko Nimsay, chroniqué plus bas, et que MusicMetis est fier de présenter également dans ses pages : http://www.musicmetis.com/keykosdream
En fin d’année, Mario nous propose un album enregistré en concert, sur le répertoire de Rhizome. “Rhizome tour” est un disque enregistré en trio avec Linley Marthe à la basse et Chander Sardjoe à la batterie. Dans un format très libre qui laisse toute la place aux improvisations et envolées célèbres de Mario, les trois s’en donnent à coeur joie, et Linley Marthe apporte une couleur nouvelle à ces compositions qui gagnent encore ici en énergie. Pour retrouver l’album : http://www.musicmetis.com/rhizometour
Enfin, nous sommes allés fouiller dans les fonds de catalogue pour retrouver un DVD de qualité, African Tale, qui retrace le parcours du bassiste Richard Bona. Un film particulièrement intéressant, tourné en Afrique, en France et aux Etats-Unis, et faisant intervenir de nombreux musiciens parmi lesquels Mike Stern, Herbie Hancock, Joe Zawinul… Mario Canonge (brièvement il est vrai !) et quantité d’autres. En bonus, trois morceaux enregistrés en concert.
Bientôt sur MusicMetis : Kimbol…
Pour la 4ème fois, Kimbol nous invite…
Hier soir au Stand Up, toute l’équipe de Kimbol présentait le 4ème album du collectif, judicieusement appelé “Invitation”. C’est l’aboutissement de trois ans de travail auxquels se sont attelés Sonny Troupé (dir. art., batterie & ka), Jenna Legros (fl), Marylène Troupé (vcl), Laurence Jules-Gaston (keys, ka), Emilie Epaminondas (keys) et Fabrice Troupé (sax). Tout en restant dans la grande tradition du gwoka – traditionnel et moderne -qui ont fait sa marque de fabrique, Kimbol évolue aussi et la musique est probablement plus riche et plus variée. Plusieurs artistes sont également invités sur l’album (Jean-Pierre Coquerelle, Michel Mado, Patrice Hulman, Jocelyn Ménard, Lucile Kancel, Armand Achéron…). C’est dans une ambiance très familiale – et devant un public acquis à sa cause, la tribu Troupé largement représentée, Monsieur Georges Troupé fier et heureux à sa tête – que Sonny a donc présenté musiciens et compositions avec cette gentillesse qui le caractérise. Un petit concert fort réussi a clôt la séance, et qui confirme le talent de Sonny et son rôle moteur dans l’évolution de Kimbol. “Invitation” dans les bacs d’ici quelques jours !




le Bananier bleu, c’est l’actualité du jazz en Guadeloupe et plus largement aux Antilles françaises. Avec l’Autre blog, nous élargissons le point de vue : pas que le jazz, et pas que les Antilles. Cela laisse de la marge… Les mots d’ordre ? Fusion, world, tropical, jazz, funk, soul… Mais on y élargira le débat égalementà ce qui nous passe par la tête, en particulier aux réflexions sur l’évolution actuelle de l’industrie de la musique, à la révolution Internet et à ses implications dans un monde où l’économie de la culture était déjà fragilisée à la base. N’hésitez pas non plus à nous suggérer les thèmes ou les musiques que vous voudriez voir apparaître ici.