Mike Stern live @ JAM Montpellier
“Sidiizzz… Dividiizzz… Wanna buy my latest album? I’ll sign an autograph! Sidiizzz… Dividiizzz… C’mon guys!”
Jeudi dernier, Mike Stern était donc en concert au JAM à Montpellier. Et avant le concert, dans une salle pleine à craquer, l’homme fendait la foule, tout sourire, pour vendre ses disques. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, surtout en ces temps de crise du disque ! Mais pas du spectacle vivant… En tous cas, pour Mike Stern, les concerts sont régulièrement complets, et c’est tant mieux. Depuis la dernière fois que je l’ai vu – il y a cinq ans, à LaKasa en Guadeloupe, les cheveux ont un reflet argenté plus accentué, mais l’énergie et la joie de jouer sont intactes. Mike Stern est venu avec une bande d’inconnus de bas étage composée de Randy Brecker, Chris Minh Doky et Dave Weckl… Désolé, on n’avait pas moins bien. Je crois que je serais venu écouter les trois autres, même si Mike Stern s’était défilé… Donc, à quatre, ils ont mis le feu d’emblée. Sur un répertoire allant de “These Times” à “Big Neighborhood” et en passant par l’excellent “Who Let the Cats Out?”, ils ont alternés morceaux de bravoure, groove lourd et moments de grâce. Si j’avais un reproche, ce serait de n’avoir vu que le programme court… en une heure trente, le tout était dit, et heureusement qu’ils ne sont pas chiche en rappels pour rallonger la fête d’un bon petit quart d’heure supplémentaire. Même si sur le plan marketing, il est préférable que le client reste légèrement sur sa faim plutôt que d’être trop gavé, j’en aurais bien pris une assiette de plus, et je n’étais pas le seul. Pour le reste, la qualité était au rendez-vous. Sous des aspects de guitare rock, Mike Stern est capable de toutes les nuances, jazz, mélodique, d’une vélocité qui laisse pantois – sans être démonstratif, très fort ! – mais aussi doux et mélancolique quand il le faut, et capable d’un rock lourd qui vous prend aux tripes. Avec Mike Stern en vedette, Randy Brecker est resté un peu en retrait, mais était évidemment là où c’était nécessaire. Avec la lourde tâche d’assumer – avec succès – à lui seul les arrangements de morceaux composés pour des formations plus grandes, voire incluant la voix de Richard Bona. Derrière (enfin pas tant que ça d’ailleurs), Dave Weckl fut étincelant, et le public ne s’y est pas trompé. Véritables ovations pour ce batteur d’une énergie contagieuse – mais capable d’accompagner aux mains seules les ballades – qui nous a prodigué quelques solos d’une rare intensité. Aux basses, Chris Minh Doky était impeccable, mais aurait certainement pu donner encore plus. Au total, deux heures de concert (en incluant le retard au démarrage et les discussions d’après concert) tout en intensité que je ne suis pas prêt de regretter.
“Sidiizzz… Dividiizzz… Wanna buy my latest album? I’ll sign an autograph! Sidiizzz… Dividiizzz… C’mon guys!”
Plus d’informations sur le (très moche, désolé…) site officiel de Mike Stern : http://www.mikestern.org/ et sur sa page MySpace : http://www.myspace.com/mikesternjazz et puis évidemment, retour sur l’interview que nous avions réalisée en 2004 pour le Bananier bleu à l’occasion de ses concerts à LaKasa, avec Richard Bona et Lionel Cordew.
Photo (c) Clay Patrick McBride
Ils ont tout compris…
J’étais déjà allé faire un tour sur le site Jamendo il y a quelques mois. L’actualité de la loi Hadopi m’a incité à aller voir ce qu’ils devenaient. De quoi s’agit-il donc ? Voici ce que vous annonce le site en page d’accueil : « Sur jamendo, les artistes autorisent le partage de leur musique. C’est libre, légal et illimité »… Le ton est donné. Basée au Luxembroug, cette société se met clairement en concurrence avec la SACEM depuis 2005 pour offrir du contenu libre. Ce qui n’a jamais voulu dire qu’on pouvait faire n’importe quoi avec, la nuance est importante. Comme cela est expliqué dans l’article Wikipédia qui lui est consacré : « Jamendo est un site web qui propose des albums de musique en téléchargement gratuit. Les artistes, qui autorisent cette gratuité pour les internautes grâces aux licences ouvertes, peuvent s’ils le souhaitent être rémunérés grâce aux dons des utilisateurs, au partage de 50% des revenus publicitaires de Jamendo, ou encore grâce à la vente de licences d’utilisation commerciales de leur musique ». L’idée est qu’au contraire, la diffusion la plus large possible de la musique ne peut être que bénéfique aux artistes. En 2006, un peu plus de 2000 albums étaient présents sur le site. Aujourd’hui, ils sont plus de 23000. De quoi réfléchir donc… Toutes les œuvres sont accompagnées d’une licence Creative Commons, beaucoup moins restrictive que le droit d’auteur : en général, l’attribution est gratuite, mais on doit reconnaître la signature de l’auteur, et puis rien ne vous empêche de faire un don pour rémunérer l’artiste que vous aurez apprécié car tout de même, il faut vivre. Rappelez-vous l’an dernier, le groupe Nine Inch Nails a mis son album Ghost I-IV en téléchargement gratuit sur son site, proposant simplement un paiement au bon vouloir des auditeurs. Résultat, l’album s’est placé numéro 1 des ventes (oui, oui, des ventes) sur Amazon pour l’année 2008. Qui a dit que les nouvelles générations ne voulaient plus payer la musique ?
Par ces temps de grand vent sur l’industrie musicale, Jamendo pousse le bouchon encore un peu plus loin, en vous envoyant, à l’instar de la future Hadopi, un e-mail de remerciement si vous téléchargez. En voici le texte :
[Jamendo] Téléchargement légal – 1er Remerciement
Un grand merci pour votre participation et votre soutien à l’opération “Remerciement Gradué” !
Nous vous encourageons à télécharger, partager en utilisant les widgets, recommander à vos amis la musique des artistes présents sur jamendo.
Lors de votre prochain téléchargement, vous pourrez laisser votre adresse postale et vous recevrez par courrier un “kit du complice” constitué d’autocollants et de documentation.
Les multi-récidivistes ne seront pas oubliés : HADOPI veut suspendre votre abonnement Internet ? Jamendo vous le rembourse !
Il n’a jamais été question de ne pas rémunérer les artistes, bien évidemment. La possibilité de télécharger gratuitement – ou presque – de la musique doit logiquement avoir une contrepartie pour être équitable. L’une d’entre elles est de s’en servir pour faire la promotion des artistes que vous aimez, et de remercier ces artistes en les soutenant, en payant ce que VOUS estimez pour leur musique, en allant au concert, etc. Bref, l’avenir est à la diversité de la musique, et l’existence de cette diversité passe par la diffusion la plus large possible de toutes les musiques !
Je ne sais pas si l’expérience Jamendo aura la vie longue – mais je le souhaite – , je ne sais pas si le système qu’ils proposent est parfait – probablement pas – mais je sais de manière certaine que le système actuel n’est pas parfait, et ne correspond pas aux évolutions de la technologie ni de la société. Les changements sont toujours facteurs d’incertitude, de risque et de redistribution des cartes ; c’est toujours moins grave que l’absence de changement qui en l’espèce est purement et simplement suicidaire, même pour ceux qui espèrent – de manière totalement illusoire – sauver ainsi leur système ! Toutes les idées sont bonnes à étudier pour que l’évolution de la musique numérique bénéficie à la fois aux artistes et aux auditeurs : le potentiel est énorme dans les deux sens, à condition de faire l’effort d’être inventif !
Plus d’informations :
- Jamendo : http://www.jamendo.com/fr/
- Article Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jamendo
- Article licence CC : http://fr.wikipedia.org/wiki/Creative_Commons
- Article sur Nine Inch Nails : http://bit.ly/gRLVO
N.C. All Stars Festival à Nouméa

J’ai déjà eu l’occasion de parler de Stéphane Fernandez ici. C’était pour la sortie de son album “Mana Ia” . Décidément très actif, Stéphane utilise son excellent réseau de musiciens pour monter un Festival de Jazz en Nouvelle-Calédonie, le N.C. All Stars Festival. Trois soirées sont programmées, du 22 au 29 août prochain, sous l’égide de “La Case Productions”. Les têtes d’affiche en seront Mokhtar Samba et son Quintet Dounia, Andy Narell et bien sûr, Stéphane Fernandez lui-même. La soirée du 22 sera filmée puis diffusée sur RFO. En attendant, suivez les infos sur la page MySpace de l’évènement : http://www.myspace.com/lacaseproductions
Summer Jazz Evening in Paris

L’été à Paris a définitivement de bons côtés. D’abord on peut circuler en voiture – je ne sais plus qui me disait l’autre jour que finalement, le plan de circulation de Paris avait tout juste été réfléchi pour le mois d’août… – et on peut se garer (qui plus est gratuitement), même du côté des Halles. Pour une soirée dans la rue des Lombards, c’est parfait. Température agréable – chaud mais pas trop, terrasses ouvertes… Nous arrivons au Sunside.

En cette semaine d’avant 15 août, c’est le trio de Yaron Herman qui tient l’affiche, avec Gerald Cleaver à la batterie et Simon Tailleu à la contrebasse. Evidemment, je n’ai pas vérifié l’horaire – ça commence toujours à 22h00 et ils ne commencent jamais à l’heure… et du coup le premier set est quasiment bouclé à notre arrivée… C’est malin. Qui plus est, c’est bondé. Car sur son nom, Yaron Herman ramène du monde et c’est tant mieux. Bref, ça va se passer debout au bar… Ceci dit, même quand il y a de la place, je finis généralement debout au bar, donc bon, pas trop de dépaysement. Si ce n’est que là, même au bar, ça tient plus du métro à l’heure de pointe que de l’appui nonchalant à la coule sur le comptoir… Faut s’agripper ! On arrive juste à temps pour la reprise de “Message in a bottle”. Belle énergie, que je ne fais qu’entendre car de là où je suis, je ne vois que la batterie et la contrebasse. Cela s’arrangera par la suite. Sur ce thème, Yaron Herman lance le groove en deux mesures avec le gimmick si caractéristique de la basse de Sting. Puis le reste monte peu à peu jusqu’à vous prendre irrésistiblement. Quand Yaron Herman joue debout, pas d’erreur, il y a le feu sur la scène. Alors que l’on commençait à bien entrer dans le bain, c’est directement le break de fin de set. Fallait arriver à l’heure…

Nous profitons des mouvements de peuple pour gagner quelques précieux mètres le long du comptoir, qui nous permettrons d’enfin voir le trio en entier au deuxième set. Technique et stratégie… Discrètement, Elisabeth Kontomanou est venue écouter, et déguste la musique – debout au bar… comme tout le monde. Le deuxième set reprend sur un rythme plus lent, quoiqu’en fait, avec ces trois là, ça ne dure jamais très longtemps. Il faut dire que quand on dit que Yaron Herman joue du piano, il joue de tout le piano… Le clavier certes, mais les cordes, les bords et aussi le xyolphone posé dessus ! On s’assagit ensuite, d’abord avec une reprise de Blowin’ in the wind, puis Blossom extrait du premier album “Thèmes et variations”. Après la partie piano solo, Simon Tailleu enchaine sur un thème à la contrebasse, dans un silence religieux – “Vous êtes bien silencieux !” s’exclamera Yaron un peu plus tard – puis les trois repartent à l’assaut, du latin jazz ce coup-ci.

Minuit et demi, fin du concert… et bis alors, non ? Oui, oui. Ils s’y remettent, et les fatigués étant partis nous pouvons enfin nous asseoir au plus près. Pour qu’un bis marche à fond, il faut un hit, et c’est donc “Toxic” qui s’y colle. Mieux que sur l’album ? En live c’est souvent le cas, surtout dans une telle ambiance. Il y a de tout dans cette interprétation, sauf du Britney… “Pour que ce soit aussi bon, c’est que le matériau de départ n’est quand-même pas mauvais” me souffle Fran dans l’oreille. C’est probablement vrai et doit flatter le compositeur qui a peut-être regretté d’abord que son morceau soit surtout connu défiguré en r’n'b… Groove, jazz, des accents de flamenco, tout se déchaine dans cette version – Yaron de nouveau debout – et soutenu par un impeccable Gerald Cleaver avec lequel la complicité est évidente. Bref, du grand jazz…

Après cela, passage par les terrasses acollées du Sunset et du Baiser salé pour prendre l’air avant d’aller jeter les oreilles à la jam vocale animée par Catia Werneck – dont c’est d’ailleurs l’anniversaire. A l’étage sur scène Catia donc, Vincent Bidal au piano, Roger Carocci aux percussions, Munir Hossn à la basse et le cubain Lukmil Perez derrière les fûts – à la pause, il était venu écouter Yaron Herman à côté. Lui, c’est la troisième fois que je l’écoute cette semaine – à la jam de Thierry Fanfant Lundi, avec Djazil il y a deux jours – et à chaque fois il m’a impressionné. Dans le groupe de Thérèse Henri l’autre jour, il s’est lancé dans un morceau de batterie vaudou solo absolument insensé. Aujourd’hui ça groove brésilien, Catia oblige.

Au changement, Lukmil Perez cède la place à Mokhtar Samba. La scène étant ouverte, ils accueillent une chanteuse japonaise de passage, pour un “Fly me to the moon” un peu approximatif. Derrière, on se regarde, on sourit un peu – sans se moquer, s’il vous plait – et on accélère imperceptiblement le rythme. Tout cela finit dans la bonne humeur. “On a joué, elle s’est fait plaisir, ce n’était pas parfait mais on a partagé, c’est ça la musique” conclura Mokhtar un peu plus tard, avant de disparaître se coucher. Il a une excuse, il prend l’avion demain pour Nouméa, participer au N.C. All Stars Festival organisé par le guitariste Stéphane Fernandez, et auquel participe également Andy Narell. Ce soir, il y en a d’autres qui ont des étoiles dans les yeux et des sourires jusqu’aux oreilles : Cate Petit prépare son départ pour l’Inde avec le groupe d’Etienne Mbappé dans une semaine – et visiblement, elle est enchantée. Vive la musique qui voyage et qui fait voyager !
Plus d’infos :
Yaron Herman / MySpace / Website
Gerald Cleaver / MySpace
Simon Tailleu / MySpace
Catia Werneck / MySpace / Website
Lukmil Perez / MySpace
Mokhtar Samba / MySpace / Website
Cate Petit / MySpace
Photos http://jazzafanny.com/ (fonctionne mieux avec IE…)
Richard Galliano “Love Day” au Parc Floral

De juin à juillet, à Paris, le week-end, c’est le Festival de Jazz qui se tient les après-midi au Parc Floral. Côté météo, après une semaine qui n’avait pas grand chose à envier à octobre, le soleil est revenu pour réchauffer les pelouses de Vincennes. Du coup, en ce 25 juillet, les alentours du chapiteau du festival étaient noirs de monde.

Je suis malheureusement arrivé un peu tard pour profiter pleinement du trio de Jean-Philippe Viret, venu présenter son dernier album en trio (avec Edouard Ferlet et Fabrice Moreau), le Temps qu’il faut. Deux morceaux seulement donc – trop court ! – plus le rappel, de ce jazz si mélodique, si “français” , et joué avec énormément de sensibilité. Vraiment très beau. Promis la prochaine fois, j’arrive à l’heure…
Plus d’info sur Jean-Philippe Viret sur son site web officiel http://www.viret.com/
A suivre, le 4tet de Richard Galliano, formé avec Gonzalo Rubalcaba, Richard Bona et Clarence Penn. Une sorte de All Stars dont on aurait pu craindre qu’ils jouent justement les stars plus que la musique, quoique Gonzalo Rubalcaba fasse partie du projet depuis l’enregistrement de l’album à Los Angeles. Et bien non, et les individualités de chacun se fondent avec bonheur dans le projet. Rubalcaba domine le sujet et apporte des touches légères de blues ou de latin jazz, juste là où il faut, pas plus qu’il n’en faut non plus. A la basse Richard Bona sert la musique, et passe à la basse acoustique dès que nécessaire. Egalement chanteur, il apporte quelques nappes vocales aériennes qui enrichissent sans conteste les arrangements de certaines compositions de Galliano. Clarence Penn est quant à lui lumineux derrière ses fûts. Richard Galliano se fait visiblement plaisir, aussi bien à l’accordéon qu’au melodica – en duo avec Rubalcaba – et le public apprécie (voir dans le diaporama, les quelques têtes célèbres ou non, rencontrées à l’occasion). En rappel, “Tango pour Claude”, et même un deuxième rappel – malgré l’horaire contraint par les avions qui n’attendent pas – qui finit en “Une chanson douce” reprise en choeur par l’assistance.

Retrouvez Richard Galliano sur MySpace (http://www.myspace.com/rgalliano) ou bien sur son site officiel (http://www.richardgalliano.com/
Capturing the Cameroon sound – The Boston Globe
Capturing the Cameroon sound – The Boston Globe. A l’occasion d’une mini tournée organisée aux Etats-unis à partir d’aujourd’hui, le journaliste Siddhartha Mitter revient sur le makossa, vu sous l’angle de l’histoire d’André-Marie Tala, de ses démélés avec James Brown qui avait à l’époque copié sa musique. La tournée figure également la présence de Jacob Nguni et Emile Kangue.
C’est l’été au Baiser salé
C’est l’été au Baiser salé, et après les Caraïbes en mai, c’est l’Afrique qui est traditionnellement à l’honneur en juillet. La première quinzaine d’août, suivra la 3e édition du Festival Estival de Jam – animées par François Constantin, Cathia Werneck et Maureen Angot. Enfin, du 17 au 30 août le club organise la première édition de “See, Sax & Sun”, avec entre autres Samy Thiébault / Rémi Vignolo Grooving Machine et Sophie Alour Groupe.
Côté Afrique donc, Woz Kali, Richard Epessé, Hervé Samb, Jean-Jacques Elangué, Brice Wassy, Rido Bayonne, Ignass Fofana, Mokhtar Samba ou encore Fatoumata Diawara seront quelques uns des artistes présents au long du mois de juillet – sans oublier d’alterner avec les jams du Lundi, les concerts de Mario Canonge ou Miguel Gomez, habitués de la maison.
Pour plus d’info, rendez-vous sur le site du Baiser Salé (http://www.lebaisersale.com) ou bien sur la page MySpace du Club (http://www.myspace.com/jazzclublebaisersale)
Petite planète – volume 2
J’ai encore glané quelques disques à droite à gauche, et en mettant des points sur la carte pour représenter d’où ils venaient, je me suis promené du Sud au Nord du continent américain, au moins… On m’a d’abord rapporté un disque particulèrement réussi en provenance du Brésil. Flavio Barba est un jeune guitariste de Sao Paulo. Après un premier album en 2004, “Passagens”, il sort cette année son deuxième disque, “Novos Ares”. Si vous aimez le jazz brésilien, vous serez comblés. C’est particulièrement bien joué, et très bien enregistré. On y trouve un mélange de soft-funk, bossa et samba qui n’ont jamais eu la prétention de révolutionner la musique, mais nous plongent immédiatement sur les plages de Copacabana pour un voyage tout en détente. Retrouvez l’univers de Flavio Barba sur son site web (http://www.flaviobarba.com.br) ou bien sa page MySpace (http://www.myspace.com/flaviobarba)
Rien à voir avec l’album suivant, “Freedom no go die”, du Souljazz Orchestra. Ils sont canadiens, mais ont tous traversé de nombreuses expériences tant dans le rhythm’n blues que les musiques africaines ou latines. Autant le dire tout de suite, Fela n’aurait rien à renier de cet orchestre. “Freedom no go die” est de l’afrobeat en barre, et du bon. Mais pas que… soukouss, latin et jazz – The Creator has a Master plan – sont aussi présents. L’album date de 2006, et un nouvel opus, “Manifesto” est sorti en 2008. Avec Pierre Chrétien (electric piano, clavinet, organ, percussion, vocals), Marielle Rivard (shekere, tambourine, vocals), Steve Patterson (tenor sax, percussion, vocals), Ray Murray (baritone sax, percussion, vocals), Zakari Frantz (alto sax, flute, percussion, vocals) et Philippe Lafrenière (drums, percussion, vocals). Plus d’info sur leur site (http://www.souljazzorchestra.com), ou bien leur page MySpace (http://www.myspace.com/souljazzorchestra)
On reste au Canada, mais on fait le grand écart avec les premiers albums du trompettiste Suresh Singaratnam… Né en Zambie, il fut élevé entre l’Angleterre et le Canada. Ses études musicales sont d’abord classiques, voire même baroque et à partir de seize ans, on le retrouve soliste dans plusieurs festivals au Cananda. Plus tard, il se lance dans le jazz et suit des études à Toronto, puis New York et étudie avec Lew Soloff. Le résultat est à l’image de son parcours, double… Il publie donc cette année deux albums, l’un sur le versant jazz, “Lost in New York”, avec Charenée Wade (vcl), Jake Saslow (ts), Jesse Lewis (g), Fabian Almazan & Jamie Reynolds (pno), Fraser Hollins (b) et Lee Pearson (dms), et l’autre sur le versant classique “Two Hundred Sixty-One: Vol.1″, accompagné de Phillip Kirchman au piano. On y retrouve des compositions de Bellini, Rimsky-Korsakov, Hindemith, Arban et Bach. Pour cet album, Suresh lance en plus une opération complémentaire, d’où le nom de l’album (261). “Mr. Singaratnam has announced that he will donate $2,000,000 to the Canadian Cancer Society if he sells 1 million copies of his debut album: “Two Hundred Sixty-One: Vol. 1″ by October 23, 2009!” … soit 261 jours après la sortie de l’album ! Plus d’informations sur le site de Suresh (http://www.sureshsingaratnam.com) et sur sa page MySpace (http://www.myspace.com/sureshsingaratnam).
[Edit] Une critique de l’album de Suresh ici : MicControl Blog
[Edit 2] Et toujours chez MicControl, une critique de l’album jazz de Suresh, Lost in New York.
Stanley, Marcus et Victor aux Antilles
Les trois bassistes Stanley Clarke, Marcus Miller et Victor Wooten ont entamé leur tournée mondiale par quelques dates en Caraïbes. Ils étaient en Martinique d’abord puis en Guadeloupe hier soir. Une heure et demi de grosse démonstration bien sûr, mais également quelques moments plus en sensibilité – voir le solo de Victor Wooten. Quoi qu’il en soit l’occasion de prendre du bon temps avec trois musiciens qui continuent visiblement à toujours prendre autant de plaisir à jouer.
Tout le monde en bateau

Eric Danquin, Richard Bona - 31 mai 2009
Le bateau du dimanche matin 31 mai pour Marie-Galante était on ne peut plus musical. On se demande même qui manquait… Côté Guadeloupe, Iguane Xtet bien sûr, mais également Didier Juste, Gregory Louis, Thierry Jean-Pierre, Olivier Juste… qui accompagnaient Tanya St-Val, et puis surtout Richard Bona, accompagné du gratin de la rue des Lombards (François Constantin, Jim Grandcamp, Stéphane Vera, Thierry Farrugia…), et je dois en oublier une bonne quantité. L’occasion en tout cas de prendre des nouvelles de tout le monde, ce qui est toujours bien sympathique. En l’occurrence un brin de causette avec Richard Bona, toujours par monts et par vaux, juste le temps d’apprendre la sortie du prochain album à l’automne. Notez donc ! Elle sera assortie d’une tournée en conséquence, donc Richard, bientôt près de chez vous. Restez à l’affût. Et si vous voulez suivre Richard Bona cet été, cherchez les concerts de Richard Galliano. Si si, le camerounais suivra l’accordéoniste à la basse, accompagné également de – rien moins que – Gonzalo Rubalcaba. Cela vaut la peine de chercher à mon avis. Bonus, je vous joins une petite photo prise à la onférence de presse du matin, à l’arrivée à Marie-Galante. Pour le concert, les échos que j’en ai eu étaient tous excellents- sans surprise – mais je n’ai malheureusement pas eu le loisir d’y assister. Si vous vous en sentez, racontez-nous ça ici dans les commentaires.




le Bananier bleu, c’est l’actualité du jazz en Guadeloupe et plus largement aux Antilles françaises. Avec l’Autre blog, nous élargissons le point de vue : pas que le jazz, et pas que les Antilles. Cela laisse de la marge… Les mots d’ordre ? Fusion, world, tropical, jazz, funk, soul… Mais on y élargira le débat égalementà ce qui nous passe par la tête, en particulier aux réflexions sur l’évolution actuelle de l’industrie de la musique, à la révolution Internet et à ses implications dans un monde où l’économie de la culture était déjà fragilisée à la base. N’hésitez pas non plus à nous suggérer les thèmes ou les musiques que vous voudriez voir apparaître ici.